« Un siècle de céramique d’art en Tunisie. Les Fils de Jacob Chemla, Tunis »

« Un siècle de céramique d’art en Tunisie. Les Fils de Jacob Chemla, Tunis » par Jacques Chemla, Monique Goffard et Lucette Valensi

Les éditions Déméter et les éditions de l’éclat  publientUn siècle de céramique d’art en Tunisie. Les Fils de Jacob Chemla, Tunis. « L’histoire d’un artisanat méditerranéen d’une extraordinaire richesse en même temps que le parcours d’une famille remarquable qui s’est illustrée dans la céramique d’art ». Les Chemla se sont inscrits dans une activité traditionnelle remontant au Moyen-âge, tout en réinventant, innovant, exportant jusqu’aux Etats-Unis leurs œuvres, et collaborant avec de célèbres architectes. Un livre passionnant magnifiquement illustré retrace cette aventure familiale, entrepreneuriale, artistique, juive et tunisienne. Le 2 novembre 2015, à 19 h 30, lemusée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) propose la rencontre Les Chemla, une dynastie de céramistes à Tunis, avec la participation de Lucette Valensi et Monique Goffard, filles de Mouche Chemla, et des éditeurs français et tunisien, et la modération de François Pouillon, anthropologue du monde arabe .
« Je fais partie de la troisième génération de céramistes qui se lancèrent vers les années 1880, dans la grande aventure de la rénovation de la céramique tunisienne », me racontait André Chemla (Ndlr : un homonyme sans lien de parenté avec l’auteur de l’article) en 2004 lors d’une de ses expositions parisiennes où il présentait près de 160 vases, plats, hanap, coupes et carreaux. Des céramiques aux dessins animaliers ou floraux, aux décorations géométriques, allégoriques, vivantes ou juives. De remarquables poteries de style Iznik, gloire des palais ottomans.
Et le peintre Michel Fedi, qui exposait ses œuvres orientalistes dans cet espace, avait rendu hommage à Jacob Chemla (1858-1938), le grand-père, premier artisan et artiste de la famille : il avait retrouvé à l’aube du XXe siècle les émaux et couleurs oubliés. Ses enfants Victor décédé en 1954, Albert disparu en 1963 et Mouche (1897-1977) ont perpétué cet art.
Renaissance et essor
La « céramique tunisoise, riche d’une longue tradition, est revivifiée, au tournant du XXe siècle, par Jacob Chemla  et ses fils, qui avaient retrouvé les techniques, renouvelé formes et motifs, et collaboré avec les architectes les plus prestigieux ». L’entreprise familiale connait une apogée vers 1920-1930. Elle produit pour le marché tunisien, exporte vers la France, des pays Arabes – Algérie, Irak, Libye -, les Etats-Uni, de New York à la Californie. Elle expose aux Expositions universelles et coloniales, et est distinguée par des Prix. L’usine familiale est abandonnée en 1966, mais l’activité continue en France grâce à Mouche et à son neveu André jusqu’en 1996.
Les « fils de Jacob » – le fondateur vers 1860 était Haï Chemla – fut « un cas unique d’une entreprise juive engagée dans la production de céramique d’art, une activité régulièrement exercée exclusivement par les musulmans depuis le Moyen-Age. Les Chemla l’ont revivifiée et l’ont inscrit durablement dans l’art et le paysage tunisiens. Des années 1860 à la fin du XXe siècle, c’est l’aventure de cette entreprise unique que le livre présente, en même temps que le souvenir d’une Tunisie plurielle que la nouvelle Constitution du pays tente, avec bien des difficultés et bien des efforts, de faire revivre ».
Jacques Chemla, « petit-fils de Jacob Chemla, est à l’origine de l’ouvrage et il a constitué de son vivant une importante collection de céramiques Chemla ».
Actifs jusqu’en 1966, « Les fils Chemla » sont « les derniers représentants de la tradition tunisoise de la céramique d’art, dont le Mahj conserve et expose dans ses collections un ensemble de pièces ».

Leurs créations ? Poteries d’art, décoration de jardins, vases, panneaux…

André Chemla « a poursuivi avec passion la recherche des procédés de couleurs et des techniques pour retrouver les secrets des merveilleuses céramiques Iznik », qui ont notamment orné les palais ou mosquées turcs.
Pour ses vases, coupes et kholla tunisienne, ce retraité avait retrouvé le fameux « rouge tomate », vermillon-rouille, qui accompagne les bleus, merveilleux marine et turquoise, et blanc de céramiques de style Iznik (XV et XVIes siècles).
Deux Grands plats magnifiques constituaient des prouesses techniques : l’un a un décor noir sur fond turquoise et l’autre un décor bleu polychrome..
Cet artiste affectionnait les « poissons rieurs » et un « lapin coureur », guettés par un loup féroce.
Il puisait aussi son inspiration dans la Bible (panneau en lave émaillée « Les 12 tribus »). Parfois en usant de lave émaillée, il illustrait Les 7 fruits d’Israël, avec figues, orge, blé, dattes, raisins, olives, grenade, ainsi que la prière une semaine après la cérémonie du mariage (Sebrabrahout).
Le judaïsme était illustré dans sa diversité avec une « Main de Fatma » et une « grande poterie aux danseurs hassidiques »…

Les Chemla ont été les talentueux, illustres, mais derniers représentants d’une tradition artisanale élevée au rang d’art.

Jacques Chemla, Monique Goffard, Lucette Valensi, Un siècle de céramique d’art en Tunisie. Les Fils de Jacob Chemla, Tunis. Ed. Déméter-Éditions de l’éclat , 2015. 224 p. ISBN : 9782841623778
 
Visuel :
Céramique des Chemla. © DR
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